Le président chinois « n’exclut pas » la force pour récupérer Taïwan

      Commentaires fermés sur Le président chinois « n’exclut pas » la force pour récupérer Taïwan

Article réservé aux abonnés

Le président chinois Xi Jinping, lors des 40 ans de l’anniversaire du dégel des relations avec Taïwan, le 2 janvier à Pékin.
Le président chinois Xi Jinping, lors des 40 ans de l’anniversaire du dégel des relations avec Taïwan, le 2 janvier à Pékin. MARK SCHIEFELBEIN / AFP

Pour récupérer Taïwan, la Chine est prête à tout, y compris à utiliser la force, a menacé le président chinois, Xi Jinping, mercredi 2 janvier. Lors d’un discours au Palais du peuple, à Pékin, le chef de l’Etat a proposé une solution à « un pays, deux systèmes » pour Taïwan, sur le modèle de Hongkong. Pas de quoi rassurer les Taïwanais, attachés au statu quo dans leurs relations avec ce voisin puissant et autoritaire. Peu après le discours du président chinois, son homologue taïwanaise, Tsai Ing-wen, a répondu fermement : hors de question pour Taïwan d’accepter une unification aux conditions chinoises.

Le discours de Xi Jinping célébrait l’anniversaire du dégel, en 1979, des relations entre la Chine communiste et la République de Chine, nom officiel de Taïwan depuis la fuite des nationalistes chinois sur l’île du sud de la Chine, après leur défaite face aux communistes, en 1949. Un événement que le président chinois décrit comme un accident de l’histoire, destiné à être réparé : « La question taïwanaise a pour origine la faiblesse de la nation », a-t-il avancé. La réunification « est une nécessité pour le retour en force de la nation chinoise dans la nouvelle ère », a-t-il ajouté.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les menaces chinoises galvanisent les indépendantistes taïwanais

S’il n’a pas défini de calendrier, le président de la République populaire de Chine et secrétaire général du Parti communiste a affirmé que les divisions politiques entre la Chine et Taïwan « ne peuvent pas être transmises de génération en génération », insistant sur les « liens du sang » qui unissent les Chinois et les « compatriotes de Taïwan ». Le numéro un chinois a pourtant réitéré la possibilité de recourir à la force pour reprendre l’île. « Nous ne promettons pas de renoncer au recours à la force et nous nous réservons le droit de prendre toutes les mesures nécessaires », a-t-il déclaré, provoquant les applaudissements des délégués du comité permanent de l’Assemblée nationale populaire.

« Valeurs démocratiques »

La veille, Tsai Ing-wen avait demandé à la Chine de respecter Taïwan : le gouvernement chinois « doit répondre à nos différends de manière pacifique et nous traiter d’égal à égal », avait-elle déclaré lors de ses vœux. Mais après le discours de Xi Jinping, elle a de nouveau pris la parole lors d’une conférence de presse pour insister : « Le peuple taïwanais chérit les valeurs démocratiques, c’est son mode de vie ». « Si le gouvernement chinois ne traite pas son peuple avec bienveillance, ne peut garantir les droits de l’homme et s’il ne laisse pas son peuple voter… alors les Taïwanais verront avec suspicion les intentions de la Chine », a ajouté le ministère taïwanais des affaires étrangères dans l’après-midi.