Un an après les JO, le silence règne à PyeongChang

      Commentaires fermés sur Un an après les JO, le silence règne à PyeongChang

Pour accueillir les Jeux olympiques, Séoul a construit six sites, un stade olympique et rénové six autres installations, pour un total de 800 millions $.

À l’exception de quelques personnes âgées, on ne croise plus grand monde au Parc olympique de Gangneung. Un silence assourdissant règne dans son Palais des Glaces, qui ne compte plus un centimètre carré de blanc.

Le Centre de glisse de PyeongChang, où se sont notamment déroulées les épreuves de luge et de bobsleigh, est fermé à double tour.

La piste de ski alpin est une langue de terre pelée, où des manifestants demandent qu’elle soit transformée en station de ski et non pas remise dans son état naturel comme promis.

Le pays a également consacré plus de 10 milliards $ à de grands travaux d’infrastructure, dont une ligne à grande vitesse entre Séoul et Gangneung, dans l’est du pays.

L’idée était de relancer une des régions les plus pauvres et les moins peuplées du pays.

Mais les espoirs d’un boum touristique ont fait long feu, en raison notamment de l’intérêt limité des Sud-Coréens pour les sports d’hiver.

Le devenir des enceintes sportives des jeux d’hiver est un casse-tête constant tant il est difficile de les «recycler» sur le long terme.

Trahison

Le Comité international olympique peine ainsi à trouver des candidats à leur organisation. Après une série de forfaits, seules Milan et Stockholm postulent pour ceux de 2026.

Séoul n’avait qu’un nombre d’options limitées pour accueillir les épreuves de descente. Le Mont Gariwang, à Jeongseon, était une des rares montagnes suffisamment hautes pour proposer les 800 mètres de dénivelé requis par la Fédération internationale de ski.

Elle est dans une zone forestière protégée, mais les organisateurs avaient obtenu une dérogation du ministère des Forêts, au grand dam des écologistes, promettant de restaurer les zones boisées.

Jeongseon fut jadis une importante cité minière, mais sa dernière mine de charbon a fermé en 2004. Certains habitants verraient d’un bon oeil que la promesse soit jetée aux orties et que le site devienne une attraction touristique.

À en croire Choi Moon-soon, gouverneur de la province de Gangwon, la reforestation coûterait aussi cher que le développement initial du site.

«Je m’attendais à ce que les JO aient pour conséquence d’attirer beaucoup de touristes et de stimuler l’économie locale», explique à l’AFP Kim Chang-young, 52 ans, qui manifeste régulièrement pour le réaménagement du site.

Il se sent «trahi» car «presque aucun touriste» ne vient. Signe évocateur : un hôtel qui a ouvert l’an dernier proposait en janvier une réduction de 83 % sur ses chambres.